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25 juillet 2026

Boussole politique 2027 : où se situent vraiment les 26 candidats

Projetés sur deux axes, les 26 candidats de 2027 dessinent quatre quadrants. Un seul reste vide, et 14 personnalités se concentrent dans un même quadrant.

Le palais de l’Élysée à Paris, résidence du président de la République
Le palais de l’Élysée à Paris, résidence du président de la République. Photo : Gzen92 / CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

L’axe gauche-droite range vingt-six personnalités sur une seule ligne. Il dit peu de ce qui les sépare réellement. En projetant leurs positions sur deux axes distincts, un axe économique et un axe sociétal, la carte change de forme. Quatre quadrants apparaissent. L’un d’eux reste vide, un autre concentre quatorze des vingt-six personnalités suivies, et quatre figures souverainistes partagent une coordonnée sociétale quasi identique tout en s’étalant sur soixante-quinze points de l’axe économique. Cette représentation, appelée boussole politique, ne remplace pas la lecture des programmes. Elle rend visibles des proximités et des incompatibilités que le classement en ligne masque. Voici comment elle est construite, ce qu’elle montre en juillet 2026, et surtout ce qu’elle ne montre pas.

En bref

  • Sur les 40 propositions du référentiel, 34 portent une orientation identifiable et servent au calcul des deux axes.
  • Le quadrant libéral et progressiste est vide : Gabriel Attal (+79 ; -9) et Édouard Philippe (+88 ; -2) sont les seuls du côté libéral, avec un axe sociétal proche de zéro.
  • Philippot, Dupont-Aignan, Le Pen et Bardella partagent une ligne sociétale quasi identique, entre +80 et +89, tout en s’étalant de -62 à +13 sur l’économie.

Comment se construit une boussole politique ?

Sur les 40 propositions du référentiel, 34 portent une orientation identifiable et alimentent le calcul. Chaque position, notée de -2 à +2, est affectée à l’un des deux axes, parfois aux deux. Le résultat est ensuite ramené à une échelle de -100 à +100, pour chacune des 26 personnalités suivies.

Le premier axe mesure le rapport à l’économie. À -100 se trouve l’interventionnisme et la redistribution, à +100 le marché et le libéralisme. Il s’appuie sur des propositions telles que le rétablissement d’un impôt sur la fortune, la baisse des charges des entreprises, la priorité donnée au désendettement, l’abrogation de la réforme des retraites, la hausse du SMIC, la conditionnalité du RSA ou le budget de l’hôpital public.

Le second axe mesure le rapport à la société et à la souveraineté. À -100 se trouvent l’ouverture, le progressisme et l’intégration européenne, à +100 le conservatisme et le souverainisme. Il est construit sur les quotas migratoires, le droit du sol, la priorité nationale, les peines planchers, l’approfondissement européen, la primauté du droit national, l’uniforme à l’école et l’aide active à mourir.

Ce type de représentation existe ailleurs. Le Political Compass britannique, la boussole électorale suisse Smartvote ou le Wahl-O-Mat allemand reposent sur des principes voisins, avec des questionnaires et des règles de calcul qui leur sont propres. La boussole affichée dans notre comparateur de personnalités ne reprend aucun de ces dispositifs et ne prétend pas en appliquer la méthode.

Pourquoi le quadrant libéral et progressiste est-il vide ?

Parce qu’aucune des 26 personnalités ne combine un score économique nettement positif et un score sociétal nettement négatif. Les deux seules situées du côté libéral de l’axe économique, Gabriel Attal (+79 ; -9) et Édouard Philippe (+88 ; -2), se tiennent à moins de dix points du centre sur l’axe sociétal.

Ce quadrant correspondrait à une offre à la fois libérale en économie et franchement progressiste sur les questions de société et d’Europe. Personne ne l’occupe. Les deux anciens Premiers ministres s’en approchent par leur position économique, mais leur profil sociétal reste proche de l’équilibre.

À l’inverse, le quadrant libéral et conservateur est fourni. Xavier Bertrand (+63 ; +41), David Lisnard (+92 ; +48), Laurent Wauquiez (+92 ; +73), Bruno Retailleau (+96 ; +70) et Éric Zemmour (+67 ; +91) s’y répartissent, avec Jordan Bardella (+4 ; +82) au bord de la frontière économique. Six personnalités au total.

Cette dissymétrie n’est pas une curiosité graphique. Elle indique que le libéralisme économique et le progressisme sociétal circulent rarement ensemble dans l’offre politique de 2026, alors que leur association a structuré des trajectoires électorales antérieures. Le détail des propositions concernées est consultable sur la page thématique consacrée à l’économie.

Le souverainisme est-il une position économique ?

Les données suggèrent que non. Florian Philippot (-62 ; +80), Nicolas Dupont-Aignan (-8 ; +89), Marine Le Pen (-4 ; +84) et Jordan Bardella (+4 ; +82) partagent un axe sociétal contenu dans une fourchette de neuf points, tout en s’étalant sur 66 points de l’axe économique.

Autrement dit, une même ligne sur l’immigration, la sécurité et la souveraineté nationale s’accommode de projets économiques très différents. Florian Philippot se situe nettement du côté interventionniste, Marine Le Pen exactement au milieu de l’axe, Jordan Bardella légèrement du côté du marché. Le souverainisme se lit ici comme une position sociétale, pas comme une doctrine économique.

Éric Zemmour prolonge la démonstration. Avec +67 sur l’économie, il est plus proche de Bruno Retailleau (+96), à 29 points, que de Marine Le Pen (0), à 67 points. Sur l’axe sociétal, en revanche, ses +91 le placent à 9 points de la candidate du Rassemblement national et à 21 points du président des Républicains.

Une seule ligne gauche-droite ne restitue pas cette configuration : elle contraint à choisir un critère et efface l’autre. La lecture à deux axes explique pourquoi certaines convergences se limitent à un thème. Les positions concernées sont détaillées sur la page thématique immigration.

Pourquoi la gauche sature-t-elle l’axe économique ?

Dix des vingt-six personnalités se situent à -79 ou en dessous sur l’axe économique, dont sept à -92 ou moins. Du côté opposé, cinq seulement atteignent +79 ou plus. La concentration est nettement plus forte à gauche, et elle ne relève pas d’un défaut de mesure.

Elle traduit un socle programmatique commun sur les propositions retenues : abrogation de la réforme des retraites, hausse du SMIC, impôt sur la fortune, budget de l’hôpital public. Sur ces sujets, Nathalie Arthaud (-96), Jean-Luc Mélenchon (-100), Fabien Roussel (-92), Marine Tondelier (-96) et Olivier Faure (-83) se prononcent dans le même sens, avec des intensités voisines.

Les écarts réapparaissent sur le second axe. Il s’étire de -98 pour Marine Tondelier à -20 pour Juan Branco, en passant par -36 pour François Ruffin et -32 pour Fabien Roussel. C’est donc sur les questions de société, d’Europe et de souveraineté que se joue la différenciation interne du quadrant, pas sur l’économie.

Marine Tondelier occupe l’extrémité du repère progressiste, à -96 sur l’économie et -98 sur la société. C’est elle qui affiche le taux d’accord le plus faible de tout le jeu de données avec Bruno Retailleau : 16 %. Le face-à-face entre Marine Tondelier et Bruno Retailleau détaille les propositions à l’origine de cet écart.

Qui occupe le centre de la boussole ?

Bernard Cazeneuve (-17 ; -32) est le point le plus proche de l’origine du repère, à environ 36 points du centre. Dominique de Villepin (-29 ; -23) le suit de près, à 37 points. Les deux suivants, François Asselineau (-29 ; +50) et Juan Branco (-58 ; -20), s’en éloignent de plus de 57 points.

Cette centralité a un coût de positionnement. Bernard Cazeneuve est aussi la personnalité de gauche dont l’accord avec Jean-Luc Mélenchon est le plus faible : 51 %. Occuper le centre de la boussole ne signifie donc pas se situer à mi-chemin de tout le monde, mais s’éloigner simultanément des extrémités des deux axes.

Le reste du champ est polarisé. Quatorze des vingt-six personnalités se trouvent dans le quadrant interventionniste et progressiste : les treize personnalités de gauche suivies, plus Dominique de Villepin. Trois occupent le quadrant interventionniste et conservateur, six le quadrant libéral et conservateur, deux le côté libéral. Marine Le Pen, à 0 sur l’économie, se tient exactement sur l’axe.

Ce déséquilibre ne dit rien des rapports de force électoraux. Il décrit une offre, pas une demande. La liste complète des personnalités suivies et le jeu de données ouvert permettent de vérifier chaque coordonnée, proposition par proposition, et de refaire le calcul.

Que ne dit pas cette boussole ?

Beaucoup de choses. Réduire 34 propositions à deux nombres fait disparaître l’essentiel des nuances : deux personnalités séparées de quelques points sur un axe peuvent diverger frontalement sur un sujet précis, et deux positions identiques peuvent recouvrir des traductions législatives très différentes.

Le placement dépend aussi du choix des propositions retenues. Ajouter des questions écologiques, en retirer sur la fiscalité, modifier la pondération d’un axe : chacune de ces décisions déplace les points. Une boussole n’est pas une mesure objective d’un positionnement, c’est le résultat d’un questionnaire donné, à une date donnée.

Enfin, ces positions constituent une lecture éditoriale et indicative, établie à partir des programmes publiés, des votes au Parlement et des déclarations publiques. Les candidatures et les programmes de 2027 ne sont pas arrêtés, et les données sont révisées au fil de la campagne. La méthodologie complète détaille les conventions de codage et les limites de l’exercice.

Questions fréquentes

Que signifient exactement les deux axes ?

L’axe économique va de -100, interventionnisme et redistribution, à +100, marché et libéralisme. L’axe sociétal va de -100, ouverture, progressisme et intégration européenne, à +100, conservatisme et souverainisme. Les deux sont calculés à partir des 34 propositions, sur 40, qui portent une orientation identifiable.

Pourquoi certains candidats sont-ils si proches sur un axe et éloignés sur l’autre ?

Parce que les deux dimensions sont indépendantes. Philippot (-62 ; +80) et Bardella (+4 ; +82) partagent la même coordonnée sociétale tout en étant séparés de 66 points sur l’économie. Une convergence sur un axe n’implique aucune proximité sur l’autre, ni un accord d’ensemble.

Un score proche de zéro signifie-t-il une absence de position ?

Non, pas nécessairement. Un score central peut refléter des positions nuancées, mais aussi des orientations contraires qui se compensent d’une proposition à l’autre. Marine Le Pen affiche 0 sur l’axe économique en combinant des positions interventionnistes et libérales selon les sujets, pas en s’abstenant.

La boussole permet-elle de prévoir des alliances ?

Non. Elle décrit des positions programmatiques, pas des stratégies. Bernard Cazeneuve, point le plus central du jeu de données, n’affiche que 51 % d’accord avec Jean-Luc Mélenchon. La proximité sur la carte reste un indicateur parmi d’autres, à confronter au détail des propositions.

Ce qu’il faut retenir

La boussole ne remplace pas l’axe gauche-droite, elle en montre les angles morts. Un quadrant vide du côté libéral et progressiste, quatorze personnalités dans le quadrant interventionniste et progressiste, une famille souverainiste étalée sur 66 points d’économie pour 9 points d’écart sociétal : ces observations sont invisibles sur une ligne unique. Elles restent le produit d’un questionnaire de 40 propositions et d’une lecture éditoriale et indicative. Pour situer vos propres réponses face à ces positions, vous pouvez répondre aux questions du simulateur, un outil pédagogique qui n’a valeur ni de sondage ni de consigne de vote.

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