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1 septembre 2026

Comment réviser la Constitution (article 89) ?

Réviser la Constitution : la procédure de l'article 89, initiative, vote des deux chambres, puis référendum ou Congrès à Versailles aux trois cinquièmes.

Comment réviser la Constitution (article 89) ?

Réviser la Constitution suppose de suivre la procédure de l'article 89 : une initiative, un vote en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis une ratification soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à Versailles à la majorité des trois cinquièmes. C'est la voie de droit commun pour modifier la loi fondamentale de la Ve République. La comprendre est utile en année électorale : de nombreuses propositions des candidats — sur les institutions, le référendum ou la durée des mandats — supposeraient précisément une révision constitutionnelle. Voici, étape par étape, comment fonctionne l'article 89.

En bref

  • L'initiative appartient au président de la République, sur proposition du Premier ministre (projet), ou aux parlementaires (proposition).
  • Le texte doit être voté en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat.
  • La révision est ensuite ratifiée par référendum ou, pour un projet, par le Congrès réuni à Versailles à la majorité des trois cinquièmes.
  • Certaines limites existent : la forme républicaine du gouvernement ne peut être révisée.
  • La procédure est exigeante, ce qui explique la rareté relative des révisions abouties.

Comment réviser la Constitution ?

La révision de la Constitution obéit à l'article 89, qui décrit une procédure en trois temps : l'initiative, le vote par les deux assemblées, puis la ratification. C'est la procédure normale de révision, distincte des autres modes de modification qui ont pu être utilisés par le passé.

Cette exigence traduit la nature particulière du texte constitutionnel : il ne se modifie pas comme une loi ordinaire. Chaque étape suppose un large accord politique, ce qui rend la révision plus difficile et plus solennelle. Depuis 1958, la Constitution a néanmoins été révisée à de nombreuses reprises, comme le recense l'Assemblée nationale.

L'initiative : projet ou proposition

L'initiative de la révision est partagée : elle appartient au président de la République, sur proposition du Premier ministre, et aux membres du Parlement, comme le précise l'article 89. Dans le premier cas, on parle d'un projet de révision ; dans le second, d'une proposition de révision.

Cette distinction n'est pas qu'un vocabulaire : elle commande la suite de la procédure. Seul un projet d'origine présidentielle peut, in fine, être soumis au Congrès plutôt qu'au référendum. Une proposition d'origine parlementaire, elle, doit obligatoirement passer par le référendum pour être définitivement adoptée. C'est l'une des raisons pour lesquelles la plupart des révisions abouties sont parties de l'exécutif.

Le vote en termes identiques par les deux chambres

Le texte de révision doit être voté en termes identiques par l'Assemblée nationale et par le Sénat, comme le rappelle vie-publique.fr. Il n'existe pas ici de « dernier mot » donné à l'Assemblée, contrairement à la procédure législative ordinaire.

Cette règle confère au Sénat un rôle décisif : sans son accord, aucune révision constitutionnelle ne peut prospérer. Les deux chambres disposent donc d'un pouvoir équivalent, ce qui oblige à rechercher un compromis entre elles. Cette exigence de concordance parfaite entre les deux assemblées explique pourquoi certaines réformes, faute d'accord au Sénat, n'ont jamais pu franchir cette étape. Le rôle respectif des institutions est détaillé dans notre article sur les pouvoirs du président de la République.

Référendum ou Congrès à Versailles

Une fois le texte adopté par les deux chambres, la révision devient définitive après approbation par référendum. Mais l'article 89 prévoit une alternative : le président peut décider de soumettre un projet de révision au Parlement réuni en Congrès, auquel cas le texte n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Le Congrès est la réunion des députés et des sénateurs dans une même salle, au château de Versailles, pour statuer sur le texte. C'est la voie la plus fréquemment empruntée dans la pratique, car elle évite l'aléa d'une consultation populaire. Le référendum, lui, reste la voie obligatoire pour les propositions d'origine parlementaire : nous en expliquons le mécanisme dans notre article sur le référendum en France.

Les limites à la révision

L'article 89 pose plusieurs limites à la révision, rappelées par vie-publique.fr. Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. De même, une révision ne peut intervenir durant une vacance de la présidence ou l'empêchement du chef de l'État.

Surtout, l'article 89 dispose que la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision : c'est une limite matérielle, qui protège le régime républicain lui-même. Ces garde-fous encadrent le pouvoir de révision et rappellent que la Constitution n'est pas indéfiniment modifiable. Le respect de ces règles relève notamment du contrôle décrit dans notre article sur le rôle du Conseil constitutionnel.

Questions fréquentes

Qui peut proposer une révision de la Constitution ?

L'initiative appartient au président de la République, sur proposition du Premier ministre — on parle alors de projet de révision — et aux membres du Parlement, députés ou sénateurs, qui déposent une proposition de révision. C'est le partage prévu par l'article 89. Seul un projet d'origine présidentielle peut ensuite être soumis au Congrès.

Faut-il un référendum pour réviser la Constitution ?

Pas toujours. La révision devient définitive après un référendum, sauf si le président choisit de soumettre un projet au Parlement réuni en Congrès. Dans ce cas, le texte est adopté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. En revanche, une proposition d'origine parlementaire doit obligatoirement passer par le référendum.

Qu'est-ce que le Congrès à Versailles ?

Le Congrès est la réunion des députés et des sénateurs dans une même salle, au château de Versailles, pour se prononcer sur un projet de révision constitutionnelle. Le texte n'est adopté que s'il obtient la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. C'est la voie la plus souvent utilisée pour réviser la Constitution.

Que signifie la majorité des trois cinquièmes ?

La majorité des trois cinquièmes correspond à 60 % des suffrages exprimés par les parlementaires réunis en Congrès. Ce seuil élevé, supérieur à la majorité simple, oblige à un large accord dépassant la seule majorité gouvernementale. Il garantit qu'une révision constitutionnelle repose sur un consensus politique suffisamment étendu entre l'Assemblée et le Sénat.

Peut-on tout modifier dans la Constitution ?

Non. L'article 89 interdit toute révision portant atteinte à l'intégrité du territoire et prohibe la modification de la forme républicaine du gouvernement. Aucune révision ne peut non plus être engagée durant une vacance de la présidence. Ces limites protègent les fondements du régime et encadrent strictement le pouvoir de révision.

Ce qu'il faut retenir

Réviser la Constitution n'a rien d'une formalité : l'article 89 impose une initiative, un vote en termes strictement identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis une ratification par référendum ou par le Congrès réuni à Versailles à la majorité des trois cinquièmes. Le Sénat y dispose d'un pouvoir équivalent à celui de l'Assemblée, et certaines limites — dont l'interdiction de toucher à la forme républicaine du gouvernement — bornent définitivement l'exercice. Cette exigence explique la rareté relative des révisions abouties et la portée des réformes institutionnelles promises en campagne. Pour situer les candidats sur ces sujets et comparer leurs propositions, explorez notre comparateur de programmes et parcourez les partis en lice.

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