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15 août 2026

Rôle et pouvoirs du président de la République : ce que dit la Constitution

Rôle du président de la République : pouvoirs propres et partagés, dissolution, article 16, contreseing. Ce que prévoit la Constitution, expliqué et sourcé.

Rôle et pouvoirs du président de la République : ce que dit la Constitution

Le président de la République est, selon l'article 5 de la Constitution, le garant du respect de la Constitution, l'arbitre du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et le garant de la continuité de l'État. Chef de l'État, il dispose de pouvoirs qu'il exerce seul et d'autres qu'il partage avec le gouvernement. Comprendre cette répartition est essentiel : elle explique ce qu'un président peut décider de sa propre autorité, ce qui suppose l'accord du Premier ministre, et pourquoi une cohabitation modifie profondément l'équilibre du pouvoir. Voici ce que prévoit la Constitution, article par article.

En bref

  • L'article 5 fait du président le garant de la Constitution, un arbitre et le garant de la continuité de l'État.
  • Ses pouvoirs propres (sans contreseing) sont énumérés par l'article 19 : nomination du Premier ministre, référendum, dissolution, article 16, nominations au Conseil constitutionnel.
  • Ses pouvoirs partagés exigent le contreseing du Premier ministre et, le cas échéant, des ministres.
  • En cohabitation, le président perd l'essentiel de la conduite de la politique intérieure au profit du Premier ministre.

Quel est le rôle du président de la République ?

Le rôle du président est défini par l'article 5 de la Constitution : il veille au respect de la Constitution, assure « par son arbitrage » le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, et se porte garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités. Il est aussi le garant de la continuité de l'État.

Au-delà de ces formules, le président occupe une place centrale dans les institutions de la Ve République. Élu au suffrage universel direct, il tire sa légitimité directement des Français, ce qui lui confère une autorité politique particulière. Cette élection est d'ailleurs le scrutin le plus suivi du pays : notre article sur le fonctionnement de l'élection présidentielle en détaille le mécanisme à deux tours.

Les pouvoirs propres (sans contreseing)

Les pouvoirs propres du président sont ceux qu'il exerce sans contreseing du Premier ministre ou des ministres. Ils sont limitativement énumérés par l'article 19 de la Constitution, qui recense les actes échappant à la règle générale du contreseing.

Ces pouvoirs comprennent notamment : la nomination du Premier ministre (article 8, alinéa 1er), le recours au référendum (article 11), la dissolution de l'Assemblée nationale (article 12), l'exercice des pouvoirs exceptionnels en cas de crise grave (article 16), le message au Parlement (article 18), ainsi que la nomination de trois membres du Conseil constitutionnel et de son président (article 56) et la saisine de ce même Conseil. Comme le souligne vie-publique.fr, ce sont ces prérogatives qui font du président l'« arbitre » voulu par l'article 5.

La dissolution de l'Assemblée nationale

La dissolution est l'un des pouvoirs les plus emblématiques du chef de l'État : l'article 12 lui permet, après consultation du Premier ministre et des présidents des assemblées, de dissoudre l'Assemblée nationale et de provoquer de nouvelles élections législatives. Il décide seul, sans contreseing.

Une limite s'applique toutefois : il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l'année qui suit ces élections. Cet outil permet au président de trancher une crise politique ou de tenter de retrouver une majorité. Le lien entre présidentielle et législatives est décisif pour gouverner ; nous l'expliquons dans notre dossier sur les différences entre présidentielle et législatives.

Les pouvoirs partagés (avec contreseing)

Les pouvoirs partagés sont ceux qui requièrent le contreseing du Premier ministre et, le cas échéant, des ministres responsables, comme l'impose l'article 19. Le contreseing engage la responsabilité politique du gouvernement pour des actes que le président, lui, ne peut voir mis en cause devant le Parlement.

Relèvent de ces pouvoirs partagés : la nomination des ministres sur proposition du Premier ministre, la présidence du Conseil des ministres, la promulgation des lois, la signature des ordonnances et décrets délibérés en Conseil des ministres, la qualité de chef des armées, ainsi que la négociation et la ratification des traités. Dans ces domaines, le président agit de concert avec le gouvernement, ce qui suppose un accord politique — accord qui n'a rien d'automatique en période de cohabitation.

Président et Premier ministre : qui fait quoi ?

Le partage est net sur le papier : le président fixe les grandes orientations et incarne l'État, tandis que le Premier ministre « détermine et conduit la politique de la Nation » (article 20) et « dirige l'action du Gouvernement » (article 21). En pratique, l'équilibre dépend étroitement de la majorité à l'Assemblée nationale.

Lorsque le président dispose d'une majorité qui lui est favorable, il domine l'exécutif et le Premier ministre applique sa politique. Lorsque l'Assemblée est dominée par une majorité opposée au président, s'ouvre une cohabitation : le président doit nommer un Premier ministre issu de cette majorité, qui prend alors la main sur la politique intérieure. Ce basculement dépend directement des élections législatives, comme nous le détaillons dans notre comparaison des deux scrutins.

Ce que le président ne peut pas faire seul

Le président ne peut pas gouverner seul : hors de ses pouvoirs propres, ses actes doivent être contresignés, et il ne dispose d'aucun pouvoir législatif direct. Il ne vote pas les lois — c'est le rôle du Parlement — et ne peut que les promulguer, demander une nouvelle délibération, ou saisir le Conseil constitutionnel.

Il ne peut pas non plus révoquer le Premier ministre à sa guise : la Constitution prévoit que ce dernier remet la démission du gouvernement, un point sur lequel la pratique s'est écartée du texte. Ces contrepoids — contreseing, rôle du Parlement, indépendance du Conseil constitutionnel — encadrent l'exercice du pouvoir présidentiel. Pour comparer les projets institutionnels des prétendants à l'Élysée, utilisez notre comparateur de programmes et parcourez les partis en lice.

Questions fréquentes

Quels sont les pouvoirs propres du président ?

Les pouvoirs propres sont ceux exercés sans contreseing, énumérés par l'article 19 : nomination du Premier ministre, recours au référendum (article 11), dissolution de l'Assemblée (article 12), pouvoirs exceptionnels (article 16), message au Parlement, nominations et saisine du Conseil constitutionnel. Ces prérogatives font du président l'arbitre du fonctionnement des pouvoirs publics.

Le président peut-il dissoudre l'Assemblée nationale ?

Oui. L'article 12 de la Constitution permet au président, après consultation du Premier ministre et des présidents des deux assemblées, de dissoudre l'Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives. Il décide seul, sans contreseing. Une limite existe : aucune nouvelle dissolution ne peut intervenir dans l'année suivant ces élections.

Quelle différence entre le président et le Premier ministre ?

Le président est le chef de l'État : il fixe les grandes orientations et incarne la continuité de l'État. Le Premier ministre, chef du gouvernement, détermine et conduit la politique de la Nation et dirige l'action gouvernementale (articles 20 et 21). En cohabitation, le Premier ministre issu de la majorité parlementaire prend la main sur la politique intérieure.

Le président peut-il faire voter une loi seul ?

Non. Le président ne dispose d'aucun pouvoir législatif direct : les lois sont votées par le Parlement. Il promulgue les lois adoptées, peut demander une nouvelle délibération ou saisir le Conseil constitutionnel, et peut soumettre certains textes au référendum. Mais il ne peut ni écrire ni adopter seul une loi ordinaire.

Qu'est-ce que l'article 16 ?

L'article 16 confère au président des pouvoirs exceptionnels lorsque les institutions, l'indépendance de la nation ou l'intégrité du territoire sont menacées de manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est interrompu. Il s'agit d'un pouvoir propre, exercé sans contreseing, mais strictement encadré par des conditions et des consultations obligatoires.

Ce qu'il faut retenir

Le président de la République occupe une place singulière : garant de la Constitution et arbitre selon l'article 5, il dispose de pouvoirs propres qu'il exerce seul — nomination du Premier ministre, référendum, dissolution, article 16 — et de pouvoirs partagés qui exigent le contreseing du gouvernement. Il ne gouverne pas seul pour autant : le Parlement vote les lois, et une majorité opposée à l'Assemblée peut le contraindre à cohabiter. Cet équilibre, hérité de la Ve République, éclaire l'enjeu réel du scrutin de 2027. Pour situer les candidats sur les grands sujets institutionnels et comparer leurs propositions, explorez notre comparateur de programmes, point par point et sans parti pris.

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