· Par La rédaction de France-Vote
Programme de Bernard Cazeneuve et de La Convention pour 2027
Programme Bernard Cazeneuve 2027 : fiscalité des très hauts patrimoines, retraites par durée de cotisation, nucléaire, OTAN. Propositions sourcées et neutres.

Bernard Cazeneuve aborde la présidentielle 2027 en candidat déclaré : après avoir déclaré sur France Inter, le 19 mai 2026, que sa « volonté d'être candidat » était « pleine et entière », il a officialisé sa candidature le 16 juillet 2026 au Parisien, hors de la primaire socialiste. Ministre de l'Intérieur de 2014 à 2016 puis Premier ministre de décembre 2016 à mai 2017, il est sans mandat électif depuis 2017 ; il a quitté le Parti socialiste en 2022 et fondé le mouvement social-démocrate La Convention en 2023. Tour d'horizon, sans parti pris, des principales propositions et de leurs sources.
En bref
- Candidature officialisée le 16 juillet 2026 au Parisien, hors de la primaire socialiste ; il préside La Convention, mouvement fondé en 2023.
- Économie et social : une « fiscalité atteignant réellement les très grandes fortunes, les plus hauts revenus du capital et les rentes » et, sur les retraites, « la durée de cotisation… plutôt que recul de l'âge légal » (La Convention, 2026).
- Énergie, Europe et défense : « filière électronucléaire » et « renouvellement du parc planifié », « fin de la règle de l'unanimité » dans l'Union, maintien « dans l'OTAN sans rien y abdiquer », « réarmement à proportion de la menace » (La Convention, 2026).
Que propose Bernard Cazeneuve sur l'économie et la fiscalité ?
La synthèse de campagne diffusée par La Convention décrit, à sa proposition 18, une « fiscalité atteignant réellement les très grandes fortunes, les plus hauts revenus du capital et les rentes » et un rééquilibrage de la taxation entre travail et capital (La Convention, 2026).
Sa fiche candidat y ajoute la maîtrise du déficit et une réindustrialisation portée à l'échelle européenne. Les positions enregistrées dans notre comparateur le montrent réservé sur la poursuite de la baisse des charges des entreprises, favorable à la priorité donnée au désendettement, et sans engagement tranché sur le protectionnisme industriel.
Ces choix de financement font l'objet de chiffrages contradictoires selon les acteurs qui les commentent ; ils sont décrits ici tels que les orientations connues du candidat les présentent. Pour les resituer : notre page thématique sur l'économie et le comparateur.
Quelles sont ses positions sur les retraites et le social ?
Sur les retraites, la synthèse de campagne est explicite : la proposition 10 privilégie « la durée de cotisation… plutôt que recul de l'âge légal », en revenant sur des bases négociées quant à la trajectoire d'allongement (La Convention, 2026). Sa fiche évoque en ce sens un retour sur le report de l'âge légal, une hausse mesurée du SMIC et un renforcement de l'emploi public. Les positions enregistrées le situent plutôt en retrait sur la réduction du temps de travail (32 heures ou quatre jours) et en position intermédiaire sur la conditionnalité du RSA.
Ces mesures ne sont pas arrêtées ; leur mise en œuvre supposerait une majorité, à ce stade hypothétique. Pour situer votre propre position, essayez le simulateur de vote, un outil pédagogique et non un sondage, ou notre page thématique sur le social.
Quelle est sa position sur l'immigration ?
Les orientations recensées sur sa fiche résument la ligne de l'ancien ministre de l'Intérieur en trois principes revendiqués comme indissociables : humanité de l'asile, exigence d'intégration, fermeté contre l'immigration irrégulière et les filières.
Les positions enregistrées précisent les arbitrages : opposition marquée à une restriction du droit du sol comme à la priorité nationale sur les prestations non contributives, accord plutôt favorable à la régularisation des travailleurs sans papiers des métiers en tension, position neutre sur des quotas annuels contraignants. Notre page thématique sur l'immigration met ces éléments en regard des autres candidats.
Que propose-t-il en matière de sécurité et de justice ?
Les orientations recensées sur sa fiche décrivent un renforcement des moyens de la police et de la justice, un soutien affirmé aux forces de l'ordre et un refus des peines automatiques. Les positions enregistrées vont dans le même sens : réserve à l'égard des peines planchers pour les récidivistes comme de la suppression de l'excuse de minorité. Elles le situent aussi en retrait sur la dépénalisation du cannabis et sur une autorité indépendante de contrôle des forces de l'ordre. L'ensemble articule des moyens régaliens accrus et un refus des automatismes pénaux.
Quelle politique énergétique et écologique défend-il ?
L'énergie est l'un des volets les mieux documentés. La proposition 19 de la synthèse de campagne assume « la filière électronucléaire » et « le renouvellement du parc planifié » au titre de la souveraineté énergétique (La Convention, 2026). Sa fiche mentionne un socle nucléaire renforcé, y compris des réacteurs de quatrième génération, et une transition graduelle sans rupture brutale imposée à l'économie.
Sur les autres leviers, les positions enregistrées sont intermédiaires : éolien et solaire, primauté des objectifs climatiques malgré les contraintes imposées aux entreprises et aux ménages, sortie des pesticides. Voir notre page thématique sur l'écologie.
Quelles positions sur l'Europe et l'international ?
Sur l'Union européenne, la proposition 27 de la synthèse de campagne prévoit une « réforme budgétaire et politique industrielle commune », une « défense crédible » et « la fin de la règle de l'unanimité au profit des décisions à la majorité » (La Convention, 2026). Les positions enregistrées marquent une opposition nette à toute sortie de l'Union ou de la zone euro, une réserve sur la possibilité de déroger au droit européen et un accord plutôt favorable au rejet des accords du type UE-Mercosur ; sa fiche mentionne à cet égard la défense des intérêts agricoles français.
En matière de défense, la proposition 25 veut maintenir la France « dans l'OTAN sans rien y abdiquer » et engage un « réarmement à proportion de la menace », avec des « moyens rendus aux forces » et une industrie de défense consolidée (La Convention, 2026). Les positions enregistrées font état d'un soutien militaire à l'Ukraine nettement appuyé. Notre page thématique sur l'Europe réunit ces sujets pour tous les candidats.
Que propose Bernard Cazeneuve sur les institutions ?
C'est l'un des points de différenciation les plus nets : les orientations recensées sur sa fiche font état d'un attachement revendiqué à la Ve République, au fait majoritaire et à la démocratie représentative, contre les mécanismes de démocratie directe.
Les positions enregistrées sont cohérentes avec cette lecture : opposition marquée au référendum d'initiative citoyenne, à une VIe République réduisant les pouvoirs du président et au référendum sur les grandes questions migratoires et de société ; position plutôt défavorable à la proportionnelle intégrale. Ces orientations sont présentées comme connues et non arrêtées.
Que prévoit-il pour la santé et l'école ?
En santé, les orientations recensées sur sa fiche décrivent un renforcement de l'emploi hospitalier public, une maîtrise des dépenses et un soutien à une aide à mourir encadrée. Les positions enregistrées confirment un accord plutôt favorable à la hausse du budget de l'hôpital public, à la régulation de l'installation des médecins et à une aide active à mourir strictement encadrée ; elles sont neutres sur un remboursement intégral par la Sécurité sociale.
En éducation, la fiche mentionne l'autorité et la laïcité à l'école, et un soutien à l'enseignement public sans remise en cause du privé sous contrat ; sur les quatre propositions éducatives de notre comparateur, les positions enregistrées restent neutres, faute d'engagement tranché à ce stade.
Questions fréquentes
Quel est le programme de Bernard Cazeneuve pour 2027 ?
Il porte le projet de La Convention, mouvement fondé en 2023 après son départ du Parti socialiste en 2022. Les axes affichés associent une fiscalité visant « les très grandes fortunes, les plus hauts revenus du capital et les rentes », des retraites abordées par la durée de cotisation plutôt que par le recul de l'âge légal, un socle électronucléaire, un approfondissement européen et un attachement à la Ve République (La Convention, 2026).
Que propose Bernard Cazeneuve sur les retraites ?
Sa synthèse de campagne privilégie, à sa proposition 10, « la durée de cotisation… plutôt que recul de l'âge légal », sur des bases négociées (La Convention, 2026). Sa fiche évoque un retour sur le report de l'âge légal.
Bernard Cazeneuve est-il candidat à la primaire socialiste ?
Non. Il a quitté le Parti socialiste en 2022 et, en officialisant sa candidature le 16 juillet 2026 au Parisien, il a indiqué se présenter hors de la primaire socialiste. Il préside La Convention et est sans mandat électif depuis 2017.
Quelle est la position de Bernard Cazeneuve sur le nucléaire ?
La proposition 19 de sa synthèse de campagne assume « la filière électronucléaire » et « le renouvellement du parc planifié » au titre de la souveraineté énergétique (La Convention, 2026). Sa fiche évoque des réacteurs de quatrième génération, dans une transition graduelle.
Ce qu'il faut retenir
Le programme de Bernard Cazeneuve pour 2027 s'appuie sur les positions publiques du candidat et de La Convention, sous les couleurs duquel il se présente hors de la primaire socialiste depuis le 16 juillet 2026. Sa synthèse de campagne articule une fiscalité visant « les très grandes fortunes, les plus hauts revenus du capital et les rentes », des retraites traitées par « la durée de cotisation… plutôt que recul de l'âge légal », un socle électronucléaire avec « renouvellement du parc planifié », un approfondissement européen allant jusqu'à « la fin de la règle de l'unanimité », un maintien « dans l'OTAN sans rien y abdiquer » et un « réarmement à proportion de la menace » (La Convention, 2026). S'y ajoutent, d'après sa fiche, une ligne migratoire en trois principes indissociables — humanité de l'asile, exigence d'intégration, fermeté contre l'irrégulier et les filières —, un refus des automatismes pénaux malgré des moyens accrus pour la police et la justice, et un attachement à la Ve République qui le distingue des partisans d'une VIe République ou du référendum d'initiative citoyenne. Ces propositions ne sont pas arrêtées, et leur mise en œuvre supposerait une majorité, à ce stade hypothétique. Pour aller plus loin : sa fiche, notre page thématique sur les institutions, le comparateur de programmes et le simulateur de vote, un outil pédagogique et non un sondage.
