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· Par La rédaction de France-Vote

Comment est élu le maire ? L'élection par le conseil municipal expliquée

Comment est élu le maire ? Par le conseil municipal, au scrutin secret, en trois tours au plus. Adjoints, liste paritaire, Paris-Lyon-Marseille : les règles.

Isoloirs installés dans un bureau de vote en France
Isoloirs installés dans un bureau de vote en France. Photo : Jamain / CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Comment est élu le maire ? Pas directement par les électeurs : ceux-ci élisent le conseil municipal, et ce sont les conseillers municipaux qui, lors de leur première réunion, élisent parmi eux le maire puis les adjoints. Le vote est secret : majorité absolue aux deux premiers tours, majorité relative au troisième, et, en cas d'égalité, le plus âgé l'emporte. Depuis le renouvellement de mars 2026, les adjoints sont élus sur une liste paritaire dans toutes les communes, y compris celles de moins de 1 000 habitants. Cet article s'appuie sur la circulaire du 4 mars 2026 relative à l'élection des exécutifs locaux (NOR ATDB2606103C) et sur le guide qui lui est annexé, publiés par la Direction générale des collectivités locales (DGCL), sur la fiche « Les adjoints au maire » du même site et sur les décisions du Conseil d'État et du Conseil constitutionnel citées plus bas. Sources consultées le 3 novembre 2026.

En bref

  • Qui élit le maire ? Le conseil municipal, parmi ses membres, et non les électeurs (article L. 2122-7 du code général des collectivités territoriales, CGCT).
  • Quand ? À la première réunion du conseil, entre le vendredi et le dimanche qui suivent le tour de scrutin où il a été élu au complet (article L. 2121-7).
  • Comment ? Au scrutin secret, à la majorité absolue aux deux premiers tours, à la majorité relative au troisième ; à égalité de voix, le plus âgé est élu.
  • Les adjoints sont élus juste après, au scrutin de liste, avec alternance femme-homme, dans toutes les communes depuis mars 2026 (loi n° 2025-444 du 21 mai 2025).
  • À Paris, Lyon et Marseille, le maire reste élu par le conseil ; la loi n° 2025-795 du 11 août 2025 a changé la façon dont ce conseil est lui-même élu.

Qui élit le maire ?

Ce sont les conseillers municipaux, et eux seuls, qui élisent le maire, choisi parmi eux. Aux élections municipales, les électeurs désignent les membres du conseil municipal pour six ans. Le maire est ensuite élu par ce conseil : c'est une élection au suffrage indirect, comme celle des sénateurs (voir notre article sur les élections sénatoriales et les grands électeurs).

Le guide de la DGCL précise que le maire est élu « au scrutin uninominal secret […] et à la majorité absolue parmi les membres du conseil municipal ». Aucune déclaration de candidature n'est exigée. Dans une décision du 18 novembre 2024 (Conseil d'État, n° 494128), le Conseil d'État a jugé qu'aucun texte n'impose à un conseiller « de faire acte de candidature pour être élu maire », de sorte que des voix peuvent se porter sur n'importe quel membre du conseil, même s'il a fait savoir qu'il ne souhaitait pas être élu. Dans la même décision, il a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité visant l'article L. 2122-7, en la jugeant dépourvue de caractère sérieux.

Autre conséquence, rappelée par le guide : la tête de la liste arrivée en tête aux municipales n'est pas juridiquement tenue de se présenter à l'élection du maire.

Une condition de nationalité s'ajoute : seuls les conseillers municipaux de nationalité française peuvent être élus maire ou adjoint (article L. 2122-4-1 du CGCT, cité par le guide de la DGCL).

Quand le conseil municipal élit-il le maire ?

Lors de sa toute première réunion, qui se tient entre le vendredi et le dimanche suivant le tour de scrutin décisif. Selon le guide de la DGCL, cette réunion « est obligatoire » et se tient de plein droit après le renouvellement général (article L. 2121-7 du CGCT). Pour les municipales des 15 et 22 mars 2026, la circulaire donnait les dates suivantes :

Conseil élu…Fenêtre de la séance d'installation
dès le premier tour (15 mars 2026)du vendredi 20 au dimanche 22 mars 2026
au second tour (22 mars 2026)du vendredi 27 au dimanche 29 mars 2026

Source : circulaire de la DGCL du 4 mars 2026 et guide des exécutifs locaux annexé.

Le maire sortant convoque le nouveau conseil, au moins trois jours francs avant la séance, quelle que soit la taille de la commune. La séance est ouverte sous la présidence du doyen d'âge du conseil (article L. 2122-8), même s'il est lui-même candidat. Le quorum doit être atteint à l'ouverture : la majorité des membres en exercice doit être physiquement présente. Un conseiller absent peut donner une procuration écrite à un collègue, chaque conseiller ne pouvant en détenir qu'une.

La séance est en principe publique, mais le vote, lui, est toujours secret. Le guide précise que ni l'isoloir, ni l'urne, ni l'enveloppe ne sont obligatoires : les conseillers peuvent rédiger eux-mêmes leur bulletin.

Comment se déroule le vote du maire ?

En trois tours au plus : majorité absolue aux deux premiers, majorité relative au troisième. L'article L. 2122-7 du CGCT, tel que le cite la décision du Conseil d'État du 18 novembre 2024, dispose : « Le maire est élu au scrutin secret et à la majorité absolue. Si, après deux tours de scrutin, aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue, il est procédé à un troisième tour de scrutin et l'élection a lieu à la majorité relative. En cas d'égalité de suffrages, le plus âgé est déclaré élu. »

La majorité se calcule sur les suffrages exprimés, c'est-à-dire sans compter les bulletins blancs et nuls, et non sur l'effectif du conseil. La différence entre les deux notions est détaillée dans notre article sur la majorité absolue et la majorité relative.

Le guide de la DGCL donne un exemple. Dans une commune de 1 247 habitants, le conseil compte 15 membres et 14 sont présents. Au premier tour, A et B obtiennent 7 voix chacun : personne n'a la majorité absolue. Au deuxième tour, A obtient 7 voix, B 6, et un conseiller s'abstient. Avec 13 suffrages exprimés, la majorité absolue est de 7 : A est élu.

Une fois élu, le nouveau maire prend la présidence de la séance. Si l'élu refuse la fonction pendant la séance, une nouvelle élection peut avoir lieu immédiatement, de nouveau en trois tours au plus.

Comment sont élus les adjoints au maire ?

Juste après le maire, au scrutin de liste, avec une stricte alternance femme-homme. Le conseil fixe d'abord le nombre d'adjoints : au moins un, et au plus 30 % de l'effectif légal du conseil, sans arrondi à l'entier supérieur (article L. 2122-2 du CGCT). Le guide de la DGCL donne l'exemple d'une commune de 3 131 habitants : avec un conseil de 23 membres, le plafond est de 23 × 0,30 = 6,9, soit 6 adjoints.

Le vote suit ensuite les règles de l'article L. 2122-7-2, résumées par la fiche « Les adjoints au maire » de collectivites-locales.gouv.fr :

  • scrutin secret de liste, sans panachage ni vote préférentiel : on vote pour une liste complète, sans pouvoir rayer ni réordonner de noms ;
  • listes paritaires : chaque liste alterne un candidat de chaque sexe ; le maire doit refuser d'enregistrer une liste qui ne respecte pas cette règle ;
  • majorité absolue aux deux premiers tours, majorité relative au troisième ;
  • en cas d'égalité, la liste dont les candidats ont la moyenne d'âge la plus élevée l'emporte.

L'ordre de la liste fixe le rang des adjoints (premier adjoint, deuxième adjoint…). Rien n'impose que le maire et le premier adjoint soient de sexe différent. Lorsqu'un seul adjoint est à élire, il l'est comme le maire, au scrutin uninominal.

Ce qui a changé en 2026. Avant mars 2026, ce scrutin de liste paritaire ne s'appliquait qu'aux communes de 1 000 habitants et plus ; dans les autres, les adjoints étaient élus un par un, comme le maire. La loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 l'a étendu à toutes les communes à partir du renouvellement de mars 2026. Une dérogation demeure pour les communes de moins de 1 000 habitants : en cours de mandat, un adjoint qui quitte ses fonctions peut y être remplacé par un conseiller de l'un ou l'autre sexe, alors que dans les communes plus peuplées le remplaçant doit être du même sexe. Une proposition de loi n° 2651, déposée à l'Assemblée nationale le 14 avril 2026, vise à « rétablir le mode de scrutin antérieur à la loi du 21 mai 2025 pour les communes de moins de 1 000 habitants » ; au 3 novembre 2026, sa page indique un renvoi à la commission des lois, sans examen ni adoption. La place des femmes dans les exécutifs locaux est abordée plus largement dans notre article sur la parité en politique.

Comment est élu le maire de Paris, de Lyon ou de Marseille ?

Toujours par le conseil, mais ce conseil est élu directement depuis 2026. La loi n° 2025-795 du 11 août 2025, déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-892 DC du 7 août 2025), a mis fin au système dans lequel le conseil de Paris et les conseils municipaux de Lyon et de Marseille étaient composés à partir des votes par arrondissement ou par secteur. Les électeurs participent désormais à deux scrutins distincts et simultanés : l'un pour le conseil de la ville, l'autre pour le conseil d'arrondissement (ou de secteur). Dans ces trois villes, la liste arrivée en tête reçoit une prime majoritaire d'un quart des sièges, contre la moitié dans les autres communes.

L'élection du maire, elle, reste indirecte. La Ville de Paris l'indique sur sa page consacrée à la réforme du mode de scrutin (mise à jour le 19 mars 2026) : les 163 conseillers de Paris « éliront ensuite parmi eux le ou la maire de Paris », et les conseillers d'arrondissement élisent parmi eux le maire d'arrondissement.

Que se passe-t-il si le maire démissionne ou meurt en cours de mandat ?

Le conseil municipal élit un nouveau maire, puis de nouveaux adjoints. La démission d'un maire ou d'un adjoint se fait par lettre adressée au préfet, qui doit l'accepter (article L. 2122-15 du CGCT). Faute d'acceptation, l'élu peut la renvoyer par lettre recommandée : elle devient alors définitive un mois plus tard. En cas de décès ou d'empêchement définitif, le premier adjoint, dans l'ordre du tableau, assure l'intérim (article L. 2122-17) et convoque le conseil.

Le conseil doit être convoqué dans les quinze jours qui suivent la fin des fonctions du maire (article L. 2122-14). En principe, il doit aussi être complet : s'il manque des conseillers, des élections complémentaires ont lieu d'abord (article L. 2122-8), sauf exceptions prévues par la loi, par exemple dans l'année qui précède le renouvellement général. Enfin, l'élection d'un nouveau maire entraîne toujours une nouvelle élection de tous les adjoints (article L. 2122-10) ; les adjoints en place restent en fonction jusqu'à ce vote.

Certaines fonctions sont incompatibles avec celle de maire ou d'adjoint, en particulier les mandats de député, de sénateur et de député européen. Notre article sur le cumul des mandats détaille ces règles.

Questions fréquentes

Les électeurs votent-ils pour le maire aux municipales ?

Non, pas directement. Ils élisent les conseillers municipaux, qui élisent ensuite le maire parmi eux lors de leur première réunion. Même la tête de la liste arrivée en tête n'est pas juridiquement tenue d'être élue, ni même de se présenter.

Faut-il être candidat pour être élu maire ?

Non. Le Conseil d'État a jugé le 18 novembre 2024 qu'aucun texte n'impose de déclarer sa candidature : les voix peuvent se porter sur tout membre du conseil. Un conseiller élu malgré lui peut refuser la fonction, et une nouvelle élection a alors lieu.

Que se passe-t-il en cas d'égalité de voix pour l'élection du maire ?

Au troisième tour, l'élection a lieu à la majorité relative. Si deux candidats obtiennent le même nombre de voix, le plus âgé est déclaré élu (article L. 2122-7 du CGCT). Pour les adjoints, c'est la liste dont la moyenne d'âge est la plus élevée qui l'emporte.

Combien d'adjoints une commune peut-elle avoir ?

Au moins un, et au plus 30 % de l'effectif légal du conseil municipal, arrondi à l'entier inférieur. Les communes de 80 000 habitants et plus (hors Paris, Lyon et Marseille), ainsi que celles de 20 000 habitants et plus qui ont créé des conseils de quartier, peuvent y ajouter des adjoints de quartier, dans la limite de 10 % de l'effectif légal.

Peut-on contester l'élection du maire ?

Oui, comme celle des conseillers municipaux (article L. 2122-13 du CGCT). Tout électeur de la commune peut saisir le tribunal administratif jusqu'à 18 heures le cinquième jour suivant l'élection, et le préfet dispose de quinze jours à compter de la réception du procès-verbal. Le recours n'est pas suspensif. Les règles du contentieux sont détaillées dans notre article sur la contestation d'une élection.

Ce qu'il faut retenir

Le maire est élu par le conseil municipal, au scrutin secret, lors de la première réunion qui suit les municipales : majorité absolue aux deux premiers tours, majorité relative au troisième, et le plus âgé en cas d'égalité. Les adjoints sont élus juste après, sur une liste alternant femmes et hommes, une règle étendue à toutes les communes en mars 2026. À Paris, Lyon et Marseille, le conseil est désormais élu directement, mais c'est toujours lui qui choisit le maire. Les prochaines municipales sont prévues en 2032, comme le rappelle notre article sur les prochaines élections en France. Et pour situer vos propres positions, essayez le simulateur de positionnement anonyme : un outil pédagogique, ni sondage ni prédiction.

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