· Par La rédaction de France-Vote
Résultats de la primaire socialiste « Choisir 2027 » : Raphaël Glucksmann désigné dès le premier tour
Raphaël Glucksmann remporte la primaire du PS, de Place publique et de la GRS avec 66,17 % des voix, devant Olivier Faure (14,46 %). Résultats, participation, cyberattaque et suite du calendrier.

Raphaël Glucksmann a remporté dès le premier tour la primaire « Choisir 2027 », organisée par le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste (GRS). Les résultats ont été proclamés le dimanche 11 octobre 2026, peu après 18 heures, par Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation : le fondateur de Place publique obtient 79 613 voix, soit 66,17 % des suffrages exprimés, selon LCP. Il n'y aura donc pas de second tour. Le site officiel de la primaire étant inaccessible le 12 octobre au matin, les chiffres ci-dessous sont ceux rapportés par LCP et Public Sénat, qui concordent.
En bref
- Vainqueur : Raphaël Glucksmann, 66,17 % des suffrages exprimés (79 613 voix), désigné dès le premier tour.
- Suivants : Olivier Faure 14,46 %, Ségolène Royal 7,62 %, Emmanuel Maurel 5,92 %, Jérôme Guedj 5,83 %.
- Participation : 120 787 votants pour 134 467 inscrits, soit 89,82 % selon Public Sénat.
- Incident : une cyberattaque visant la plateforme de vote a conduit à prolonger le scrutin jusqu'au dimanche 18 h ; les organisateurs affirment que l'intégrité des votes n'a pas été compromise.
- Suite : comme tout prétendant, le candidat devra réunir 500 parrainages d'élus avant le 12 mars 2027 pour figurer sur la liste officielle de la présidentielle.
Quels sont les résultats de la primaire « Choisir 2027 » ?
Raphaël Glucksmann arrive en tête avec plus des deux tiers des suffrages exprimés, loin devant le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Voici les scores annoncés par la commission d'organisation, tels que rapportés par LCP et Public Sénat :
| Candidat | Formation | Suffrages exprimés |
|---|---|---|
| Raphaël Glucksmann | Place publique | 66,17 % (79 613 voix) |
| Olivier Faure | Parti socialiste | 14,46 % |
| Ségolène Royal | Parti socialiste | 7,62 % |
| Emmanuel Maurel | GRS | 5,92 % |
| Jérôme Guedj | Parti socialiste | 5,83 % |
Seul le nombre de voix du vainqueur a été communiqué dans ces comptes rendus ; les autres scores sont donnés en pourcentage. Le scrutin était un « vote électronique uninominal à deux tours », selon le site de la primaire ; Raphaël Glucksmann ayant été désigné dès le premier tour, le second tour, prévu du 16 au 17 octobre 2026, n'aura pas lieu.
Combien d'électeurs ont participé ?
120 787 personnes ont voté, sur un corps électoral final de 134 467 inscrits, soit une participation de 89,82 %, selon Public Sénat. Le corps électoral a été « rabaissé » par rapport aux 140 282 inscrits annoncés avant le vote, « en raison de doublons lors des inscriptions », précise la chaîne.
Pouvaient voter les adhérents des trois partis organisateurs et les personnes inscrites sur la plateforme moyennant 15 euros (10 euros au tarif social), comme le rappelait notre brève sur le mode d'emploi de la primaire. Public Sénat relève que ce total reste « beaucoup moins » élevé que les quelque 2 millions d'électeurs de la primaire de 2017, qui avait désigné Benoît Hamon, ou les 2,8 millions de votants de la primaire socialiste qui avait désigné François Hollande. Ces primaires de 2011 et de 2017 étaient ouvertes à tous les électeurs ; la différence entre les deux formules est détaillée dans notre article Qu'est-ce qu'une primaire présidentielle ?.
Que s'est-il passé avec la cyberattaque ?
La plateforme de vote a été saturée de connexions automatisées dès l'ouverture du scrutin, le vendredi 9 octobre à 8 heures, ce qui a conduit les organisateurs à prolonger le vote jusqu'au dimanche 18 heures. Dans un communiqué publié par le Parti socialiste, les organisateurs indiquent que l'attaque visait la plateforme du prestataire e-votez et consistait à « porter à son maximum le nombre de connexions simultanées par le biais de bots (robots) », ce qui a entravé « la capacité à voter d'une partie des électrices et électeurs ». Ils affirment qu'« à aucun moment la plateforme de vote n'a été interrompue » et que « l'intégrité des votes enregistrés n'est pas compromise ». Les partis organisateurs ont annoncé saisir la justice.
Le même jour, la commission d'organisation a annoncé, « en accord avec les organisations politiques parties prenantes et les candidates et candidats », la prolongation du vote jusqu'au dimanche 18 h, au lieu du samedi 20 h initialement prévu. Selon ce communiqué, signé par Patrick Mennucci et les cinq candidats, l'intervention d'experts techniques a « confirmé l'absence d'altération de la sincérité du scrutin ». Ces affirmations émanent des organisateurs eux-mêmes.
Comment les candidats ont-ils réagi ?
Les quatre candidats battus ont reconnu le résultat, avec des nuances sur la suite, selon les déclarations recueillies par LCP lors de la soirée électorale :
- Raphaël Glucksmann : « La démocratie ce soir a parlé, et le résultat est sans appel. » Sur X, il a ajouté : « Cette première place ne me donne aucun droit. Rien n'est gagné. »
- Olivier Faure a relevé « une majorité très claire (...) dès le premier tour » : « Nous avons désormais un candidat, à nous tous et nous toutes de forger ensemble cet esprit de victoire. »
- Ségolène Royal s'est dite « très déçue » et a indiqué que, conformément à la charte signée par les cinq candidats, elle sera « pour celui qui a gagné ce soir ». Elle a aussi souligné que « c'est la première fois que le PS n'a pas de candidat estampillé en tant que tel » (LCP).
- Emmanuel Maurel a promis un soutien « loyal et exigeant ».
- Jérôme Guedj a salué « une victoire nette, sans bavure, éclatante » et dit qu'il continuerait sa campagne « à la place que Raphaël Glucksmann jugera utile ».
Hors de la primaire, plusieurs responsables de gauche se sont montrés critiques. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a pris acte d'un choix porté sur « le candidat qui avait refusé une primaire populaire et ouverte », tandis que le député insoumis Paul Vannier a estimé que le PS « sort ce soir de la scène politique nationale en ne présentant pas de candidature issue de ses rangs », selon LCP.
Pourquoi ce résultat est-il inédit pour le Parti socialiste ?
Raphaël Glucksmann n'est pas membre du Parti socialiste : c'est la première fois depuis la création du PS, en 1969, que le parti n'aura pas de représentant issu de ses rangs au départ de la course à l'Élysée, souligne LCP. La chaîne parlementaire rappelle un précédent comparable en 1965 : François Mitterrand, qui dirigeait alors la Convention des institutions républicaines, avait été candidat avec le soutien de la SFIO, ancêtre du PS, sans en être membre.
Député européen depuis 2019, Raphaël Glucksmann a cofondé Place publique en 2018 et conduit la liste PS-Place publique aux élections européennes de 2024. Ses positions sur les 40 propositions du site sont détaillées sur sa fiche candidat et dans notre présentation de son programme pour 2027.
Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?
La primaire ne vaut pas candidature officielle : elle désigne le candidat que soutiendront les trois partis organisateurs, mais n'a aucune valeur juridique pour l'élection présidentielle. Comme tous les prétendants, Raphaël Glucksmann devra recueillir au moins 500 parrainages d'élus, répartis dans au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, avant la clôture prévue le 12 mars 2027. Le Conseil constitutionnel publiera ensuite la liste officielle des candidats, au plus tard le 26 mars 2027, pour un premier tour fixé au 18 avril 2027 et un éventuel second tour le 2 mai 2027, selon notre calendrier de la présidentielle.
D'autres candidatures de gauche restent déclarées ou envisagées en dehors de cette primaire. L'état des lieux, candidat par candidat, est tenu à jour dans notre page Présidentielle 2027 : qui se présente ?.
Questions fréquentes
Qui a gagné la primaire socialiste de 2026 ?
Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, l'a emporté dès le premier tour avec 66,17 % des suffrages exprimés, soit 79 613 voix. Il devance Olivier Faure (14,46 %), Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel (5,92 %) et Jérôme Guedj (5,83 %), selon les résultats proclamés le 11 octobre 2026.
Y aura-t-il un second tour à la primaire « Choisir 2027 » ?
Non. Un second tour était prévu du 16 au 17 octobre 2026 si aucun candidat n'était désigné au premier. Avec plus de 66 % des suffrages exprimés, Raphaël Glucksmann a été désigné dès le premier tour, selon la commission d'organisation : le second tour n'a plus d'objet.
Combien de personnes ont voté à la primaire ?
120 787 électeurs ont voté sur 134 467 inscrits, soit environ 90 % de participation, d'après Public Sénat. Le corps électoral avait été réduit par rapport aux 140 282 inscrits annoncés avant le vote, en raison de doublons dans les inscriptions.
La cyberattaque a-t-elle faussé le résultat ?
Selon les organisateurs, non : l'attaque a saturé la plateforme de fausses connexions et ralenti le vote, sans l'interrompre, et des experts techniques ont confirmé l'absence d'altération du scrutin. Ces garanties émanent des partis organisateurs, qui ont prolongé le vote jusqu'au dimanche 18 h et saisi la justice.
Raphaël Glucksmann est-il officiellement candidat à la présidentielle ?
Il est le candidat désigné par le PS, Place publique et la GRS, mais sa candidature ne deviendra officielle que s'il réunit 500 parrainages d'élus avant le 12 mars 2027 et figure sur la liste publiée par le Conseil constitutionnel, au plus tard le 26 mars 2027.
Ce qu'il faut retenir
La primaire « Choisir 2027 » a désigné Raphaël Glucksmann dès le premier tour, avec 66,17 % des suffrages exprimés, devant Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj. Près de 121 000 électeurs ont voté, dans un scrutin perturbé par une cyberattaque et prolongé jusqu'au 11 octobre à 18 h. Pour la première fois depuis 1969, le PS soutiendra un candidat qui n'est pas issu de ses rangs. Reste l'étape décisive des 500 parrainages, d'ici au 12 mars 2027. Pour comparer vos propres convictions aux positions des candidats, essayez le simulateur de positionnement anonyme — un outil pédagogique, ni sondage ni prédiction.
