26 juillet 2026
Programme du Rassemblement national pour 2027 : ce que défendent Le Pen et Bardella
Programme RN 2027 : immigration, pouvoir d'achat, retraites, sécurité, Europe. Ce que défend Marine Le Pen, candidate déclarée, avec Jordan Bardella pour numéro deux.

Le programme du Rassemblement national pour 2027 s'organise autour de quelques axes constants : une forte réduction de l'immigration adossée à la « priorité nationale », des mesures de pouvoir d'achat centrées sur la baisse des taxes, une ligne pénale plus sévère et une révision du rapport au droit européen sans sortie de l'Union. Selon les grands axes présentés par le parti et rapportés par Le JDD (24 juin 2024), plusieurs de ces mesures passeraient par référendum. Depuis l'arrêt d'appel du 7 juillet 2026 qui l'a rendue éligible, Marine Le Pen est la candidate déclarée du parti, Jordan Bardella se posant en numéro deux qui ne se présenterait qu'en cas d'empêchement.
En bref
- Les priorités affichées du RN combinent réduction de l'immigration et « priorité nationale », baisse ciblée des taxes et durcissement pénal, avec un recours répété au référendum (Le JDD, 24 juin 2024).
- Les retraites divisent la ligne du parti : Marine Le Pen défend un retour vers 62 ans, Jordan Bardella insiste sur la durée de cotisation (Public Sénat, 12 juin 2026).
- Marine Le Pen est la candidate déclarée depuis le 7 juillet 2026, Jordan Bardella étant son numéro deux. Les sondages créditent le camp national d'environ 32 à 35 % au premier tour selon Elabe et Odoxa, à manier avec prudence.
Que défend le RN sur l'immigration ?
L'immigration reste l'axe le plus identifié du projet. Le programme du RN prévoit une forte réduction de l'immigration légale et la fin du droit du sol, c'est-à-dire l'automaticité de l'acquisition de la nationalité par la naissance sur le territoire. Selon les grands axes rapportés par Le JDD (24 juin 2024), la suppression du droit du sol serait soumise à un référendum, afin de contourner d'éventuels obstacles constitutionnels.
Le second pilier est la « priorité nationale », que le parti présente comme une « préférence nationale » inscrite dans la Constitution. Elle consiste à réserver ou à faire primer l'accès des Français à certaines prestations sociales, au logement et à l'emploi. Le programme prévoit également un durcissement du regroupement familial et un plafonnement des titres de séjour.
Ces positions sont largement partagées par Marine Le Pen et Jordan Bardella, dont notre comparateur mesure des positionnements presque superposables sur ce thème. La nuance porte moins sur le contenu que sur la méthode et le calendrier annoncés.
Quelles mesures pour le pouvoir d'achat et l'économie ?
Sur le plan économique, le RN met en avant la défense du pouvoir d'achat par la baisse des taxes plutôt que par la hausse imposée des salaires. La mesure la plus mise en avant est la baisse de la TVA sur l'énergie, ramenée à 5,5 %, une proposition déjà portée dans le programme de 2022. Le parti défend aussi des exonérations de cotisations ciblées pour encourager les hausses de salaires et une baisse des impôts de production pesant sur les entreprises.
Le volet familial et fiscal complète cet ensemble. Les grands axes rapportés par Le JDD (24 juin 2024) mentionnent un renforcement de la politique familiale, présenté comme un soutien à la natalité, et un allègement des droits de succession pour les patrimoines modestes. Le programme évoque également la création d'un fonds souverain et une orientation protectionniste destinée à défendre la production française.
Sur l'énergie, le RN prône une relance du nucléaire et un moratoire sur les nouveaux parcs éoliens et solaires, ainsi que la suppression des subventions aux énergies renouvelables. Ces orientations figurent dans les fiches détaillées que vous pouvez consulter et comparer les programmes proposition par proposition.
Sécurité et justice : quelle ligne pénale ?
La sécurité constitue un troisième axe structurant. Le programme du RN prévoit le rétablissement des peines planchers, c'est-à-dire des peines minimales automatiques pour certains délits, et la suppression de l'« excuse de minorité », mécanisme qui atténue aujourd'hui les peines des mineurs. Le parti défend une politique de « tolérance zéro » envers les stupéfiants et un soutien affirmé aux forces de l'ordre.
Le programme de Jordan Bardella ajoute des éléments spécifiques, comme une présomption de légitime défense pour les policiers et une offensive annoncée contre le narcotrafic. Ces mesures pénales sont, dans notre lecture éditoriale, communes aux deux figures du parti : elles constituent l'un des points où Marine Le Pen et Jordan Bardella affichent des positions identiques.
Ce socle sécuritaire n'est pas propre au RN. Plusieurs candidats de droite défendent des mesures voisines sur les peines planchers ou la justice des mineurs, ce que met en évidence une comparaison thème par thème. La différence tient souvent à l'intensité et à l'articulation avec le reste du projet, plus qu'au principe.
Retraites : pourquoi Le Pen et Bardella divergent-ils ?
C'est le dossier où l'unité du parti est la moins établie. Marine Le Pen défend depuis ses programmes de 2022 et 2024 un retour de l'âge légal vers 62 ans, avec un départ possible à 60 ans pour les carrières longues. Interrogée sur RTL, elle a indiqué que « cette mesure reste d'actualité » (Public Sénat, 12 juin 2026).
Jordan Bardella, lui, a pris ses distances avec cette approche. Selon le même article de Public Sénat (12 juin 2026), il estime que « l'âge de départ ne veut rien dire » et déplace l'accent vers la durée de cotisation, qu'il présente comme plus juste et plus soutenable financièrement. Ce désaccord recoupe une ligne économique plus libérale que celle de Marine Le Pen, relevée par plusieurs observateurs.
Cette divergence éclaire la ligne du parti. Marine Le Pen est la candidate déclarée, mais Jordan Bardella, présenté comme son numéro deux, pèse sur le projet : le vice-président du RN Louis Aliot a lui-même indiqué que, « si Jordan Bardella est candidat, il aura son propre programme et sa vision des choses » (franceinfo, 2026). Le programme de 2027 pourrait donc varier à la marge selon la personnalité qui l'incarne. Pour situer ces positions face à celles des autres candidats, vous pouvez consulter les sondages et tester vos propres réponses avec le simulateur de vote.
Institutions, laïcité et Europe : quel projet ?
Sur les institutions, le RN met en avant l'instauration de la proportionnelle intégrale aux élections législatives et un usage accru du référendum, notamment sur l'immigration et les retraites. Le programme de Jordan Bardella évoque un référendum d'initiative citoyenne déclenché à partir de cinq cent mille signatures. Le parti dit vouloir conserver une présidence forte, sans passer à une nouvelle République.
Sur l'Europe, la ligne s'est déplacée depuis les années 2010. Le RN ne revendique plus de sortie de l'Union européenne ni de l'euro. Il défend une « Europe à la carte », la primauté revendiquée du droit national sur le droit européen et le blocage de certains accords de libre-échange. Cette position reste distincte de celle d'autres formations souverainistes qui, elles, prônent un « Frexit ».
La laïcité et l'identité nationale traversent l'ensemble du projet, du contrôle de l'immigration à l'école, où le programme prévoit l'uniforme obligatoire et un recentrage sur les savoirs fondamentaux. Ces éléments, comme les autres, relèvent d'une lecture indicative : les programmes de 2027 ne sont pas définitivement arrêtés et pourront évoluer pendant la campagne.
Questions fréquentes
Le Rassemblement national veut-il sortir de l'Union européenne ?
Non, selon sa ligne actuelle. Le RN a abandonné la revendication d'un « Frexit » et de la sortie de l'euro. Son programme défend une « Europe à la carte », la primauté revendiquée du droit national sur le droit européen et le blocage de certains accords commerciaux, sans remise en cause de l'appartenance à l'Union. Cette position le distingue d'autres mouvements souverainistes.
Qui sera le candidat du RN en 2027, Le Pen ou Bardella ?
Le parti n'a pas tranché publiquement à l'été 2026. Marine Le Pen a annoncé sa candidature après l'arrêt d'appel du 7 juillet 2026 qui l'a rendue éligible. Jordan Bardella, présenté comme candidat de substitution, s'est rallié à elle tout en évoquant un rôle de Premier ministre. Les sondages testent donc les deux hypothèses, autour de 32 à 35 % au premier tour.
Le RN prévoit-il d'abroger la réforme des retraites de 2023 ?
Le parti défend un retour de l'âge légal, mais sa ligne n'est pas unifiée. Marine Le Pen plaide pour 62 ans, avec un départ à 60 ans pour les carrières longues (Public Sénat, 12 juin 2026). Jordan Bardella privilégie la durée de cotisation et juge que « l'âge de départ ne veut rien dire ». Le RN évoque aussi un possible référendum sur le sujet.
Ce qu'il faut retenir
Le programme du Rassemblement national pour 2027 repose sur des axes stables : réduction de l'immigration et « priorité nationale », pouvoir d'achat par la baisse des taxes, durcissement pénal et révision du rapport au droit européen sans sortie de l'Union, plusieurs mesures étant renvoyées au référendum. Une incertitude demeure sur la ligne des retraites, où Marine Le Pen — candidate déclarée — et Jordan Bardella, son numéro deux, divergent. Ces positions constituent une lecture éditoriale et indicative, appelée à évoluer d'ici le scrutin. Pour approfondir, vous pouvez comparer les programmes, suivre les sondages et répondre aux questions du simulateur de vote, un outil pédagogique qui n'a valeur ni de sondage ni de consigne de vote.
